Résolutions
6 janvier 2019

La nouvelle année est un moment qui paraît idéal pour prendre un nouveau départ, prendre de meilleures décisions, et cela se reflète bien souvent à travers les bonnes résolutions prises à peine l'année commencée. Mais finalement peu d'entre nous sont suffisamment optimistes pour espérer que ces résolutions tiendront l'année. Qu'en faire ?

Dans un premier temps, soyons honnêtes, c’est aussi techniquement une bonne résolution qui se cache derrière l’ouverture de ce blog. Peut-être la date de ce premier post vous en aura fait douter, peut-être pas, ce n’est pas bien important. Mais c’est aussi le questionnement de John Green, qui tient la chaîne YouTube vlogbrothers avec son frère Hank Green (en plus de paraît-il faire d’excellentes livres, que je n’ai malheureusement pas lu). Il était question pour lui d’établir des objectifs plutôt que des résolutions, objectifs de préférence mesurables, de sorte à pouvoir faire en fin d’année un bilan efficace et pouvoir ainsi imaginer de meilleurs objectifs pour l’année suivante. Il explique ça dans son style, et comme leur vlog commun est de bonne qualité, il faut mieux que vous voyez cela par vous mêmes, même si c’est en anglais :

Pour lui, ces résolutions du nouvel an sont d’une part des rêves difficiles à quantifier, d’autre part souvent des promesses que l’on se fait en ignorant souvent les diverses conséquences. La vie n’est qu’un ensemble de compromis, et pour lui consacrer plus de temps à ses enfants est difficile, puisqu’il faudra décevoir un autre groupe de personnes qui attendait ses contributions dans d’autres domaines. Pourtant, c’est une résolution tout à fait raisonnable et cela restera un de ses objectifs… Sa vision de vie de famille étant plus centrée autour d’une présence fréquente que d’une présence de qualité (l’un n’empêche pas l’autre, mais une présence de qualité seule pourrait se résumer à deux semaines sur toute l’année…) cette résolution est parfaitement quantifiable et il sera facile, passé l’année, de voir quelle distance a été accomplie. C’est d’autant plus vrai qu’elle reste vraiment à portée de main, à l’inverse d’une personne comme moi qui se dirait qu’elle irait plusieurs fois par semaine dans une salle de sport…

Il y a aussi le problème de la date: si une résolution importante doit absolument attendre le nouvel an pour être prise, est-elle si importante ? Si le nouvel an est vu comme une période où il faut absolument avoir sa propre bonne résolution, sera-t-on capable d’avoir effectivement une bonne idée de ce côté ? Dans les deux cas, rien ne me semble moins sûr. Vous pourriez objecter, vu la date de création du post, que je suis aussi capable de surfer sur ces intentions. Je suis plutôt en train de profiter du fait que tout le monde en parle pour faire semblant, l’idée m’étant venue après une certaine déclaration d’Emmanuel Macron. Mais comme détailler suffisamment le sujet de sa tirade demande de la recherche et une certaine capacité de mettre en avant le manque d’éducation politique et économique dont on fait preuve, ce ne pouvait être le premier sujet abordé. Cela fait un certain temps que je ne fais pas de «bonne résolution» sérieuse: je me suis bien rendu compte que, dans mon cas, cela ne pouvait mener à rien.

Ces traditions du nouvel an, comme le réveillon, sont tellement ancrées que certains se sentent pousser des envies de charité. Ces envies sont bienvenues, mais seulement lorsqu’elles sont à long terme. S’il s’agit juste d’être nombreux le premier de l’an à déranger les sans-domicile fixe, qui essaient d’être au chaud et de dormir, de manière répétée, on arrive à en faire le strict inverse de ce qu’on souhaite produire. L’idée a été mieux développée à travers un thread twitter:

En plus de mettre en avant que ces personnes n’ont pas forcément conscience qu’on est le nouvel an, ni même qu’on soit en périodes de fêtes (puisque parfois les villes ne décident pas d’utiliser un budget juste pour décorer des dizaines de rues…), cela souligne qu’un travail efficace en charité se fait surtout sur la durée. Un don massif le jour de l’an serait peut-être une meilleure idée, mais prendre conscience des différentes décisions qui n’ont eu lieu que pour repousser les sans-abri et de l’existence de différentes associations pour leur venir en aide est une étape aussi importante. Peut-être qu’un bon objectif d’année serait de mettre en place un don récurrent, ou d’interpeller la mairie que ces nouveaux bancs en plus de ne pas être confortables pour vous ne font qu’empirer la situation des sans-abris… étant donné que c’est (souvent) leur but. Mais d’un autre côté, en général, le but n’est pas de résoudre les problèmes de pauvreté, c’est de la faire disparaître, peu importe le moyen utilisé…

Bref, si vous avez le désir de vous améliorer d’une manière ou d’une autre, n’attendez pas le nouvel an pour commencer à poser des plans et des pistes d’améliorations, qui soient au moins un peu mesurables (dans le but de savoir où vous en êtes par rapport à votre promesse). Faites-vous des objectifs plus réguliers, plus faciles à changer en cours de route, mesurables, c’est une meilleure manière d’arriver à s’améliorer. Si vous n’en avez pas spécialement le désir, ne cédez pas aux sirènes du nouvel an et ne vous forcez pas une résolution: c’est soit meilleur pour votre santé mentale si vous regrettez de ne pas la tenir, soit meilleur parce que vous aurez eu le recul pour savoir comment mieux agir.

Blog généré par Jekyll. Le style minimaliste est de moi-même.